L’inévitable perte d’un être cher…

Publié le par Jacques NOZICK

Ce petit texte ci-dessous, écrit il y a près d'une dizaine d'années pour consoler une amie, également servi  à beaucoup d'autres personnes. Elles l'ont elles-mêmes transmis à d'autres qui l'ont parfois adapté aux circonstances. Puissiez-vous ne jamais en avoir besoin...

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"Tout est mortel, et ce qui est mortel est régi par des lois incertaines. Tout ce qui peut arriver un jour peut arriver aujourd’hui même"              Sénèque


La perte d’un être cher provoque toujours au début une douleur à laquelle on pense être incapable de résister. Pire : une douleur que l’on ne peut s’empêcher d’entretenir malgré soi. Nous sommes alors désemparés et ne pouvons ni réfléchir, ni agir, tant nous sommes envahis.

Il est pourtant à notre portée  de surmonter notre chagrin. Il suffit d’être attentif aux réflexions suivantes :

1- La mort des autres nous prend toujours au dépourvu pour la simple raison que, si nous savons bien que la mort est inéluctable, nous n’y pensions que comme quelque chose qui n’arrive… qu’aux autres, et plus tard !
En fait nous occultons la mort comme si, ne pas y penser, permettrait peut-être de l’éviter. Il y a là une sorte de tabou, d’autant plus illogique que la mort est la seule absolue certitude que nous ayons sur notre devenir. Comme on ne peut ni la nier, ni la rejeter, ni la supprimer : il faut donc l’accepter comme partie intégrante de la vie.

2- Nous croyons que nous pleurons nos morts, mais ceci est faux. Où qu’ils soient, les morts n’ont pas besoin de nos larmes. Nous pleurons sur nous-mêmes, car la disparition de ceux que l’on aime est comme une amputation à vif  de notre univers affectif.

3- Alors, pourquoi s’abandonne-t-on à la détresse ? Simplement parce que nous éprouvons un sentiment de culpabilité à la pensée que nous sommes encore en vie alors que l’autre ne vivra plus. Inconsciemment, pour se punir de ce que nous considérons comme injuste, nous nous plongeons dans la douleur de manière obsessionnelle. Et quand, par hasard, on arrive un peu à oublier le disparu, on éprouve alors un autre sentiment : celui de ne plus se sentir assez coupable ! Nous entretenons donc malgré nous notre douleur, poussés par une société dans laquelle la contrition, la punition et la douleur sont réputées rédemptrices.

4- A tout âge, en toutes  circonstances, la mort n’est jamais ni juste ni injuste, elle est simplement… inéluctable. Qu’elle soit subie, résultant d’une maladie, d’accident, qu’elle soit sagement consentie à la fin d’une vie, ou qu’elle soit souhaitée par un suicide, cet échappatoire salvateur d’une existence trop difficile.

5- Avant de naître nous n’étions rien. Le hasard nous fait naître sans que nous le voulions. Après la mort nous ne serons plus, par le même hasard qui fait que nous aurions pu ne pas être.

Dans beaucoup d’autres civilisations que la nôtre, il n’est pas d’usage de cultiver la douleur : on fait son deuil puis on continue à faire vivre les morts par le souvenir. À cet égard, les croyances ne changent rien à l’affaire :

- Soit nous croyons vraiment en Dieu, qu’avons-nous alors à redouter ? Notre âme est immortelle, le bonheur et le repos éternel nous attendent.

- Soit nous n’y croyons pas et nous constatons que nous ne sommes d’abord qu’un assemblage d’atomes empruntés au tableau de Mendéléive le temps d’une trop courte vie. Un jour incertain, ce qui est dans l’ordre des choses, nous devions les rendre à la nature,.

Alors ami, que peut-on concrètement faire ? Sur l’instant… ce n’est jamais simple, car on est bien incapable de réfléchir sainement.
Cependant très rapidement, tu penseras aux cinq bonnes raisons indiquées plus haut. Alors tu pourras faire ton deuil en pensant simplement au cher défunt comme s’il était vivant à notre mémoire.

Imaginons un instant que, l’angoisse des derniers instants passée, notre disparu puisse nous dire ce qu’il pense de l’état de malheur et de détresse qu’il occasionne sans le vouloir… Il dirait à l’évidence :

« Enfants, parents, chers amis, séchez sans scrupules ces larmes inutiles. Conserver-moi seulement votre tendresse, pensez à moi aussi souvent que possible, surtout lorsque mon souvenir peut vous aider. Rappelez-vous tous les bons moments que nous avons eu la chance de partager ! Vivez pleinement, soyez heureux, renouez vite avec la communauté des hommes et des femmes, car… tant que vous penserez encore à moi : assurément, je continuerai à vivre ! »

Notre seul véritable trésor étant la vie, nous avons le devoir de l’honorer sans cesse, de bannir la tristesse, de vivre le mieux possible, y compris avec la présence bienveillante, le doux et constant souvenir de ceux que nous aimons et qui ont, avant nous, rejoint la grande chaîne humaine de nos ancêtres et de nos amis, depuis la nuit des temps.

Le souvenir des amis défunts m’est doux et agréable. Je les avais comme si je devais les perdre un jour. Je les ai perdus et c’est comme si je les avais toujours.
JN

Information pratique :
Le texte ci-dessus peut être lu dans tous les lieux de culte ou de recueillement. Il ne nécessite aucune préparation particulière.
Il y a, bien entendu mieux à faire, c'est de réaliser soi-même une petite vidéo souvenir se présentant sous la forme d'un DVD comme celui-ci dessous. C'est facile, et à la portée de tous, même lorsqu'on n'a aucune connaissance en multimédia ou en micro-informatique... Plusieurs articles du blog donnent des recommandations à ce sujet.
Exemple : le DVD de ma mère



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Oiseau-de-Pluie 24/03/2014 22:53

Je vais reprendre ce texte points par points :

« 1- La mort des autres nous prend toujours au dépourvu pour la simple raison que, si nous savons bien que la mort est inéluctable, nous n’y pensions que comme quelque chose qui n’arrive…
qu’aux autres, et plus tard !
En fait nous occultons la mort comme si, ne pas y penser, permettrait peut-être de l’éviter. Il y a là une sorte de tabou, d’autant plus illogique que la mort est la seule absolue certitude que
nous ayons sur notre devenir. Comme on ne peut ni la nier, ni la rejeter, ni la supprimer : il faut donc l’accepter comme partie intégrante de la vie. »

---> Cessons de généraliser. Je n'ai que 19 ans, et la mort me fascine depuis l'âge de 13 ans, j'ai même tenté plusieurs fois de mettre fin à mes jours par le passé.
Depuis que ma grand-mère est partie il y a 5 mois, j'y pense de plus en plus, je suis obsédée par la mort et l'au-delà.

« Alors, pourquoi s’abandonne-t-on à la détresse ? Simplement parce que nous éprouvons un sentiment de culpabilité à la pensée que nous sommes encore en vie alors que l’autre ne vivra plus.
Inconsciemment, pour se punir de ce que nous considérons comme injuste, nous nous plongeons dans la douleur de manière obsessionnelle. Et quand, par hasard, on arrive un peu à oublier le disparu,
on éprouve alors un autre sentiment : celui de ne plus se sentir assez coupable ! »

---> Il y a des choses vraies, mais personnellement, ma détresse est surtout liée au fait que ma grand-mère me manque et non aux raisons citées ici. J'éprouve aussi de la culpabilité, mais
également pour d'autres raisons.

« Avant de naître nous n’étions rien. Le hasard nous fait naître sans que nous le voulions. Après la mort nous ne serons plus, par le même hasard qui fait que nous aurions pu ne pas
être. »

---> Qu'en savez-vous, qu'avant de naître, nous n'étions rien et qu'après la mort, nous ne serons plus ?
Personnellement, je crois en une vie après la mort.

« - Soit nous croyons vraiment en Dieu, qu’avons-nous alors à redouter ? Notre âme est immortelle, le bonheur et le repos éternel nous attendent. »

---> Je ne crois pas en Dieu. Pourtant, je crois à la survivance de l'âme après la mort. Cessons de toujours relier la spiritualité et la religion. On peut très bien croire à l'au-delà sans
croire en Dieu, et inversement. Ce sont deux choses distinctes.
Par ailleurs, même si je crois à la survivance de l'âme, je ne crois pas forcément au bonheur après la mort. Sur plusieurs sites au sujet de l'au-delà, j'ai souvent lu que les personnes mortes de
mort violentes (accidents, suicide...) devenaient des âmes errantes et souffraient. J'ai même entendu dire que les âmes des suicidés étaient damnées. Bien sûr, j'espère que c'est faux et je
m'accroche à l'espoir des NDE qui sont, en très grande majorité, positives, mais il n'en reste pas moins que tant que je ne serai pas moi-même décédée, j'aurai hélas toujours des doutes...

« Alors tu pourras faire ton deuil en pensant simplement au cher défunt comme s’il était vivant à notre mémoire. »

→ « Faire son deuil », quelle expression absurde et dénuée de sens ! Comme si le deuil était une action à faire, comme quand on fait la vaisselle ou ses devoirs et que hop, après
c'est fini et on en parle plus. Le deuil, ça ne se fait pas, ça se vit.
Et puis, le deuil n'est pas une maladie comme le rhume ou la grippe qui ne dure qu'un certain temps, puis dont on se débarrasse définitivement, hélas. Le deuil est une souffrance qui dure toute la
vie, malheureusement, même si on peut vivre avec.

« Notre seul véritable trésor étant la vie, nous avons le devoir de l’honorer sans cesse, de bannir la tristesse »

---> Il y a des points sur lesquels je suis d'accord, mais alors celui-ci, c'est n'importe quoi !
Pourquoi devrait-on avoir le devoir de l'honorer sans cesse, au point d'en oublier les personnes restées en vie ?
C'est vrai, c'est toujours lorsqu'une personne meurt qu'on la glorifie et qu'on l'honore en disant qu'elle était formidable, merveilleuse, etc. Par contre, de son vivant, on ne lui disait rien de
tout cela...
Bien sûr qu'on pense à ses défunts, mais chacun y pense comme il le veut, personne n'a le devoir de quoi que ce soit.

Et perdre un être cher, c'est toujours triste. D'ailleurs, figure-toi que pour aller mieux après un deuil, il faut pleurer et évacuer sa tristesse, d'ailleurs... On ne doit donc certainement pas
bannir la tristesse, au contraire. On a le droit d'être triste. On a le droit de souffrir.
Aimer une personne, c'est vouloir qu'elle soit heureuse, bien sûr, mais ce n'est certainement pas la forcer à être heureuse et l'empêcher de pleurer quand elle en a besoin, etc.

Bien sûr, nos défunts n'aimeraient pas nous voir tristes et c'est une consolation, c'est d'ailleurs l'une des raisons qui nous permet d'avancer lorsqu'on vit un deuil, mais de là à dire qu'on doit
totalement bannir la tristesse, désolée mais il y a une marge.

AJA 16/08/2011 10:46


Mes enfants viennent de perdre leurs arrière grand père, et je leur expliquais a peut prêt dans ces termes la mort et comment ils devaient essayer de la vivre...
Ce texte est très bien organisé et chargé de vraies valeurs, je me joint a cette vision.
Le rédacteur a vraiment compris beaucoup de choses...


Anthyme 02/01/2008 14:08

Bonjour jacques et Bienvenue dans ma communauté "Apprendre et découvrir". Je voudrais profiter de ce contact pour rappeler que les sujets"politique" et "adulte" seront exclus. Cette parenthèse faite je vous présente à nouveau mes vœux de bienvenue et vous accepte avec un très grand plaisir. A + tard .Anthyme.

Benoît 01/01/2008 23:56

Bonsoir,

je vous ouvre avec plaisir les portes de la communauté "écrire", et vous souhaite au passage une bonne année 2008.

Antoine 31/12/2007 21:14

Bonjour jacques et Bienvenue dans ma communauté"Le coin du feu". Je voudrais profiter de ce contact pour rappeler que les sujets"politique" et "adulte" seront exclus. Cette parenthèse faite je vous présente à nouveau mes vœux de bienvenue et vous accepte avec un très grand plaisir. A + tard .Antoine