Samedi 22 décembre 2007

Note de lecture, réflexions diverses


Mais la douceur suprême est d’habiter au calme des temples
Qu’a dressé la science des sages et de voir de là-haut
Les autres qui s’égarent, qui cherchent au hasard le chemin de la vie
Lucrèce



Pourquoi, à l’échelle individuelle, les hommes sont à la recherche d’un bonheur personnel, et pourquoi, en revanche, à l’échelle collective, les religions et les philosophies du malheur semblent l’avoir pratiquement toujours emporté sur celles du bonheur ? Pour répondre à cette contradiction, il est nécessaire de comprendre ce qui est à l’origine de notre culture occidentale, ce qui a façonné notre morale, nos croyances, nos lois, nos organisations sociales. Or comme l’indique Aristote : « pour comprendre les choses il faut les voir en train de se fabriquer ».

Comprendre notre civilisation, et les hommes qui la font, est comme assembler un puzzle. Avant de pouvoir en réunir les éléments, il faut faire le tri entre les pièces disponibles (travail historique). Or on constate que parmi celles-ci que certaines sont :
- Fausses, ou inutiles (irrationnel, mythes, préjugés…)
- Détériorées (l’épicurisme)
- Manquantes (hédonisme)

Avant de faire apparaître le dessin du puzzle, il nous faut donc rassembler les pièces. Nous avons pris, comme fil conducteur de cette recherche, une histoire critique de la philosophie, dans laquelle apparaît trop rarement l’hédonisme. Cette philosophie du plaisir et du bonheur individuel permet de voir sous un éclairage inhabituel les idéalismes, les religions abusives et toutes formes de perversions. Voici le cheminement proposé pour baliser cette promenade historique :

Une petite histoire des idées

Comment aborder la philosophie ?
- Les premiers philosophes
- Les problèmes de la transmission des idées

La découverte des philosophies préchrétiennes
- La philosophie grecque (Pythagore, Démocrite, Socrate, Platon, Aristote, Epicure)

Philosopher sur les religions

Épicure : la recherche raisonnée du bonheur individuel
- Thèses, extraits de textes
- L’épicurisme campanien : Philodème de Gadhara
- Lucrèce : le matérialisme enchanté
- Diogène d’Oenanda et son mur

L’invention de Jésus, personnage conceptuel
- Problématique des  évangiles
- Le gnosticisme du premier siècle après JC

L’invention du christianisme ou l’anti-hédonisme
- Le rôle de Paul de Tarse dans la formation de la doctrine
- La création des évangiles (synoptiques et apocryphes)
- Constantin quand le spirituel s’allie au temporel

La chrétienté, le succès d’une gnose parmi d’autres

Le totalitarisme chrétien s’installe
-  Les constructeurs du christianisme dogmatique : les pères de l’église

Où est l’hédonisme ? La résistance au christianisme
- La difficile survie de l’épicurisme jusqu’à la fin du moyen âge
- Renaissance

Les autres religions ?
o L’islam : système fermé
o L’hindouisme, taoïsme et confucianisme, bouddhisme (autre document).

Conclusion : l’hédonisme, une éthique post-religieuse
- Anecdote
- État des lieux
- Les clés du fonctionnement de l’humain
- Une nouvelle vision de nous-même et des relations avec les autres
- Considérations sur le bonheur
- Quelques raisons d’espérer

En fait, cet article aurait dû faire une soixantaine de page, mais c'était trop et il a été refusé par Over-blog, il faudra donc au je le publie par petits bouts... Je ne suis encore qu'un débutant, peut-être y a-t-il d'autres moyens? A SUIVRE
 

Par Jacques NOZICK - Publié dans : Philosophie pratique - Communauté : L'Avis des Eclectiques
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Samedi 22 décembre 2007

Ayant passé la main, je me limite désormais à faire de la formation, à aider amicalement les gens que j'affectionne, ou à faire des conférences lorsque je suis sollicité.

Je n'ai pas encore eu le temps de rédiger ici un article intéressant, bien que l'essentiel de ma carrière se soit passé dans ce domaine d'activité. Je me contenterai de reproduire un texte assez général publié je ne sais plus où, et de donner des images des publications que j'ai réalisées  (voir sur google à : Jacques Nozick).


Image-2.png
Jacques Nozick a été un des acteurs importants du marché, il a créé plusieurs sociétés qui ont marqué le domaine du câblage et des réseaux. Il est connu tant comme concepteur, que comme industriel. Il se consacre  désormais à vulgariser les techniques et à apporter son expertise aux instances professionnelles.




Lorsqu’on demande à un professionnel de faire une rétrospective dans son domaine de prédilection, c’est qu’il a déjà parcouru un long chemin… J’ai, en effet, eu la chance de me trouver plusieurs fois à l’émergence de nouvelles technologies et d’être en mesure de créer des produits pour les supporter. J’ai surtout eu la satisfaction de côtoyer les meilleurs spécialistes du moment en informatique, téléphonie, GTB, ou domotique, ce qui est un privilège.

Si la « domotique » apparue il y a une vingtaine d’années, basée sur les automatismes n’a pas eu les succès escomptés, c’est qu’elle correspondait essentiellement à une offre industrielle dont les usagers n’avaient pas grand besoin. Désormais, nous sommes dans une situation inverse : les besoins, surtout de communication, de loisir, ou de travail à domicile, existent. Ils ont généré en abondance des équipements que l’on trouve dans toutes les grandes surfaces de distribution.

Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est qu’on assiste à une convergence des métiers de l’électricien, de l’antenniste et de l’installateur VDI. La domotique ambitieuse des années 90 n’a pas fait recette avec ses produits sophistiqués d’automatisme. En fait, l’usager a surtout envie de se faire plaisir et de se simplifier la vie. Il veut pouvoir installer librement chez lui tous les multiples équipements audiovisuels, téléphoniques, informatiques, portiers, etc. qui abondent sur le marché. Et ce, pas seulement dans son salon, sur une unique prise ADSL (offre triple play de base) mais partout où il le souhaite et quand il le désirera.

Pour satisfaire ses besoins, l’usager trouve deux types de produits. Il y a d’abord ceux plutôt limités à un pôle d’activité (par exemple la TV, la hi-fi, le réseau informatique…) ce sont des matériels « plug and play », réputés de mise en œuvre simple comme les produits sans fils (wifi ou bluetooth). Ils sont parfaitement adaptés aux immeubles anciens dépourvus de  câblage. Leurs fonctionnalités sont, en revanche limitées et leur pérennité faible. Il y a d’autre part tous les produits connectables sur le câblage normalisé qui est désormais obligatoire dans toutes les constructions neuves ou grosses rénovations (norme NF C 15-100 et son guide d’application C 90-483).  C’est encore la montée en compétence de l’installateur électricien qui détermine la possibilité d’offrir soit des systèmes fermés aux fonctions limitées (grade1), soit des systèmes ouverts et bien dimensionnés à tous les produits multimédia ou de communication du marché.

C’est une véritable révolution qui se produit : partout où sont nécessaires les prises 230V sont également nécessaires des prises de communication RJ45. À ce moment, les utilisateurs auront besoin de pouvoir s’adresser à un professionnel qui puisse les aider à constituer chez eux, les réseaux dont ils ont besoin. Les installateurs ne se contenteront plus alors d’installer le câblage et de disparaître, ils pourront également vendre un service très rémunérateur encore relativement difficile à imaginer pour eux.

Il reste cependant encore pas mal de chemin à faire pour de nombreux professionnels du bâtiment routiniers et timides. Heureusement beaucoup ont rapidement opté pour des offres performantes comme celle de Casanova (câblages résidentiels : www.casanova-sas.fr) entreprise à laquelle j’ai initialement contribué. Ils ont pris une longueur d’avance sur leurs concurrents. Il faut pourtant rappeler que, pour les métiers du bâtiment, la culture des réseaux résidentiels et de la domotique, ne s’obtient qu’après avoir réalisé des projets qui prennent plusieurs années entre la conception et la commercialisation avant que l’on puisse mesurer le niveau de satisfaction des clients.

Le marché a désormais atteint une certaine maturité qui annonce la fin du gadget au profit des équipements sérieux et pérennes. Cependant le domaine d’activité et très vaste, il va de l’audiovisuel aux automatismes, en passant par les télécommunications. C’est pourquoi beaucoup d’usagers se posent encore de nombreuses questions. Pour y répondre, les éditions Eyrolles m’ont demandé de publier un nouvel ouvrage intitulé « La Maison Branchée » (www.editions-eyrolles.com). Les principaux systèmes y sont passés en revue et des recommandations pratiques leur sont données pour les aider à faire les meilleurs choix et à éviter les pièges les plus fréquents.

Jacques Nozick




Par Jacques NOZICK - Publié dans : Divers
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Samedi 22 décembre 2007
Il y a dans certaines maximes ou proverbes un concentré de sagesse, et d'expérience  de  la vie qui vaut tous les grands discours. Ce que j’ai noté a été glané au fur et à mesure des années. Certaines petites phrases m’enchantent, d’autres ne tiennent pas leurs promesses et finissent par me lasser. Je me dis parfois qu’il faudrait que j’y mette un peu d’ordre et que j’en abandonne certaines. Cependant, elles un peu comme des amis, même celles de mauvais goût méritent notre indulgence…


Pauvre est celui qui désire beaucoup.
Léonard de Vinci

Ne pas prévoir, c’est déjà pleurer.
Léonard de Vinci

L’avenir a un long passé.

La première impression est souvent la bonne, surtout si elle est mauvaise.
Henri Jeanson

La vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible.

Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c’est d’y céder
Oscar Wilde

L’expérience est une lanterne que l’on porte dans le dos et qui éclaire le chemin parcouru.
Confucius

On ne s’égare jamais si loin que quand on croit connaître la route.

Si l’on ne sait pas où l’on va, on risque de se retrouver ailleurs.

Le plus grand ennemi de la vérité n’est pas le mensonge, mais le mythe.

Il est toujours agréable, pour un vieux renard, de regarder les jeunes poules, même quand il ne peut plus les attraper.

L’ambition est le fumier de la gloire.
Pierre Laretin

De toutes les perversions sexuelles, la plus incompréhensible est la chasteté.
Oscar Wilde

Le café, cette boisson qui fait dormir ceux qui n’en boivent pas.
Alphonse Allais

La modestie est toujours feinte – quand elle se laisse voir – et c’est le travestissement préféré de l’hypocrisie.
S G

Le hasard est le travestissement favori du destin.
S G

Tant que le combat dure, la victoire est incertaine.
Jacques Casanova

On n’est pas privé de ce dont on n’a pas besoin.

La vertu est un juste milieu entre deux vices.

La fleur du désir ne peut être cultivée que sur l’humus de l’inconscient, qui s’enrichit chaque jour des restes fécondants des amours mortes et de celles qui ne naîtront jamais.
Henri Laborit

L’éternité, c’est long, surtout vers la fin.
Woody Allen

Tradition : illusion de la permanence.

Un sot savant est plus sot qu’un sot ignorant.

Les mots que l’on n’a pas dits sont les fleurs du silence.

La pente du vice est une pente douce.

L’ignorance est la mère de l’aventure.

Le pouvoir c’est l’érotisme des vieux.

Le Dieu des chrétiens est un père qui fait plus de cas de ses pommes que de ses enfants.
Denis Diderot

Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition.
Michel Montaigne

La patience, forme atténuée du désespoir, déguisée en vertu.

Le hasard : rencontre de relations causales indépendantes.

Rien n’est plus sérieux que le plaisir.

Les hommes sont comme dieu les a faits, quelquefois pires.

Statistique : « En moyenne, chaque personne possède un testicule ».

Le loto, c’est un impôt pour les gens qui ne comprennent pas les statistiques.

Dans tous les cas, marriez-vous. Si vous tombez sur une bonne épouse, vous serez heureux. Si vous tombez sur une mauvaise, vous deviendrez philosophe, ce qui est excellent pour l’homme.

Si ce sont les meilleurs qui partent les premiers, que penser des éjaculateurs précoces ? P. DEPROGES

De temps en temps, une femme est un substitut à la masturbation, mais bien sûr, il faut aussi de l’imagination ;

Voyager, c’est partir d’un endroit où l’on est pas mal, vers un endroit où l’on n’est pas mieux.

Si tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens.

Il y a des situations dont on ne peut sortir que par une faute. NAPOLEON

Elle aura porté les fleurs du printemps bien au-delà de l’automne NINON DE L’ENCLOS

Ceux qui savent le latin se moquent de ceux qui l’apprennent.

(Bonheur : parabole des 3 casseurs de cailloux cathédrale)

Ceci restera longtemps une solution d’avenir.

Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer.  VOLTAIRE

Ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit. 

Tu es le maître de la parole que tu vas dire, mais tu es l’esclave de celle que tu as prononcé.  AVEROES

Si l’argent ne fait pas le bonheur… rends le !  Jules RENARD

La religion est la métaphysique des imbéciles.

Liberté  : illusion donnée par la longueur de notre chaîne.

Quand je me regarde, je me désole, quand je me compare, je me console.  VILLIERS DE L’ISLE ADAM

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Elle était belle comme la femme d'un autre. (P. Morand, 1888-1976)

La violence qu'on se fait pour demeurer fidèle à ce qu'on aime ne vaut guère mieux qu'une infidélité. (François de La Rochefoucauld)

Le pire, quand votre femme vous trompe, c'est de laisser voir à l'autre ce dont vous vous contentez tous les jours. (Sacha Guitry)

L'esclave n'a qu'un maître; l'ambitieux en a autant qu'il y a de gens utiles à sa fortune. (la Bruyère, 1645-1696)

Si tout le monde vous donne raison, c'est que vous êtes d'une intelligence remarquable... ou bien que vous êtes le patron. (André Birabeau)

Un idéaliste est un homme qui, parce qu'une rose a meilleure odeur qu'un chou, en conclut qu'elle fera un meilleur potage.(M.L. Mencken)

Pour reconnaître que l'on n'est pas intelligent, il faudrait l'être. (Georges Brassens)

Il est incontestable que, de tous les arts, l'art culinaire est celui qui nourrit le mieux son homme. (P. Dac, 1893-1975)

Le Créateur a raté ce monde-ci, pourquoi aurait-il réussi l'autre ? (P. Morand, 1888-1976)

Le christianisme a empoisonné Eros; il n'en est pas mort, mais il en est devenu vicieux. (Nietzsche, 1844-1900)

L'éternité occupe ceux qui ont du temps à perdre. (P. Valéry, 1871-1945)

On s'aperçoit qu'on est devenu un spécialiste quand les choses dont on parle avec plaisir ennuient les autres. (Gilbert Cesbron)

Si cinquante millions de gens disent une sottise, c'est toujours une sottise. (B. Russel)

Les hommes qui disent qu'ils dorment comme des enfants n'en ont certainement jamais eu. (J. Rostand)

Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d'entre nous regardent les étoiles. (Oscar Wilde)

Connais-toi toi-même et n'en dis rien à personne. (Jones Franklin)

La seule véritable erreur est celle dont on ne retire aucun enseignement. (John Powell)

Partir, c'est mourir un peu... Mais mourir, c'est partir beaucoup !  (Alphonse Allais)

Il faut mépriser l'argent, surtout la petite monnaie. (F. Cavanna)

N'allez pas aux funérailles des gens, ils n’iront pas aux vôtres

Quand il lut quelque part que fûmer pouvait provoquer le cancer, il arrêta de lire. (A. Kirwan, 1967)

Je m'intéresse à l'avenir parce que j'y passerai le reste de ma vie. (C. Kettering)

Il y a deux choses d'infini au monde : l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers j'en suis pas très sûr. (Albert Einstein)

Rien n'est plus dangereux qu'une idée, quand on n'a qu'une idée. (Emile Chartier)

"Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout." (Henri Queuille)

Seule la chaussure sait si la chaussette a des trous. (Proverbe créole)

Quand on court après l’esprit, on attrape la sottise    (Montesquieu)

Le diable est dans les détails

En matière d’intelligence, l’économie est ruineuse

Celui qui sait où il va ne va pas loin

Le boulanger ne parle pas de son pain

Croire c’est renoncer à aller plus loin

Il n’y a pas de liberté sans courage

Le catholicisme, cette religion charmante depuis qu’elle ne brûle plus personne (Berlioz)

La pitié est à la remorque du malheur

Instruis-les ou supporte-les  (Marc Aurèle)

Tu seras aimé le jour où tu pourras montrer ta faiblesse sans que l’autre s’en serve pour affirmer sa force   (Pavese  -  Journal)

L’avenir ne se prévoit pas, il se prépare

L’hypocrisie, hommage du vice à la vertu (La Roche Foucault)

Soyez résolus de servir plus et vous voilà libres. (Etienne de La Boétie (1530 1563) Discours sur la servitude volontaire)

Il y a dans chacun de nous un autre qui fonctionne à son insu.            Jacques Lacan

Le hasard est la rencontre de causalités indépendantes.

Tous les hommes obéissent aux romains et les romains obéissent à leurs femmes.

Nous sommes tissés de l’étoffe dont on fait les rêves.     Shakespeare

La chute n’est pas l’échec, l’échec est de rester où l’on est tombé.        Socrate

"Dans la vie, il n'y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer, et les solutions suivent." Saint-Exupéry


Tout le monde veille non pas à bien vivre mais à vivre longtemps, alors qu’en fait, il est donné à tout le monde de bien vivre, mais de vivre longtemps, à personne.

Ce qui compte, c’est l’état d’esprit dans lequel tu te trouves et non pas ta destination.

Voilà un comportement salutaire : ne  pas fréquenter les gens qui différent de nous et qui poursuivent des objectifs contraires aux nôtres.

Comme il est beau de pouvoir achever sa vie avant de mourir et puis d’attendre sereinement le reste de ses jours, sans rien demander pour soi-même, tout à la possession d’un bonheur dont l’intensité ne doit rien à la durée.

Le souvenir des amis défunts m’est doux et agréable. Je les avais comme si je devais les perdre un jour. Je les ai perdus et c’est comme si je les avais toujours.

Tout est mortel, et ce qui est mortel est régi par des lois incertaines. Tout ce qui peut arriver un jour peut arriver aujourd’hui même.

Si peu que je possède, j’aurai de toute façon plus de provisions que de route à faire.

Calamité, qu’une âme inquiète du futur et malheureuse avant le malheur et sans cesse angoissée à l’idée de ne pouvoir conserver jusqu’au bout ce qu’elle aime ! Elle ne connaîtra jamais le repos, et perdra dans l’attente de l’avenir, le présent dont elle aurait pu jouir. Or perdre une chose ou en redouter la perte, cela revient au même.

Si tu as subi la disparition d’un ami, il faudrait t’efforcer de te réjouir de l’avoir eu plutôt que de l’avoir perdu.      

+ Il faut toute une vie pour apprendre à vivre
         
Sénèque Lettre à Lucilius
14/02/05

Ni rire ni pleurer, mais comprendre      Baruch Spinoza

Apprenez l’art de vivre heureux       D’Holbach

Je ne moralise, ni ne prêche, ni ne déclame, j’explique. Julien Ofray de la Mettrie

Le désir ne  tient jamais ses promesses.           S.

Les idées appartiennent à ceux qui s’en emparent.

On ment quand on ne dit pas la vérité à qui on la doit.       Alain

Le christianisme : platonisme à l’usage des pauvres.

Qui visite un pays en ignorant sa langue n’a rien visité.

Toute question ne mérite pas de réponse.

La superstition est à la philosophie ce que le singe est à l’homme.

Chacun interprète à sa façon la musique des cieux.

Pour l’amour d’une rose, le jardinier est le serviteur de mille épines.

L’astrologie est une science exacte que les astronomes ignorent.

La femme qui a le meilleur parfum est celle qui n’en a pas.

Les hommes craignent la mort pour la même raison que les enfants ont peur de la mort.  F. Bacon

L’humanité se compose d’infiniment plus de morts que de vivants.

Le remariage est le triomphe de l’espérance sur l’expérience.

Prends garde à l’homme d’un seul livre !

La grammaire est l’art de lever les difficultés d’une langue, il ne faut pas pour autant que le levier soit plus lourd que le  fardeau.   Rivarol

La gloire est le soleil des morts.

La célébrité, c’est l’art d’être connu de gens que vous ignorez.

L’immobilisme  est en marche, et rien ne l’arrêtera. Edgard Faure

Ce n’est pas la girouette qui tourne : c’est le vent.   idem

La foi est une croyance sans preuve dans ce qui est affirmé par quelqu'un qui parle sans savoir, ou qui pense sans comparer " Ambrose Bierce, littérateur américain du XIXème siècle

Il faut que le cœur se brise ou se bronze   La Rochefourcault

Jouir et fais jouir, sans faire de mal ni à toi ni à personne, voilà toute la morale   Chamfort

L’homme n’est pas le seul animal qui pense, mais c’est le seul animal qui pense qu’il n’est pas un animal.

Si la connaissance pose des problèmes, ce n’est pas avec l’ignorance qu’on arrivera à les résoudre  Isaac Asimov

Il n’y a pas de pire crime contre l’intelligence que croire que les choses sont parce que l’on veut qu’elles soient.   Louis Pasteur
28/03/07

Si on prêtait attention au grand malheur des autres, on trouverait son propre malheur insignifiant    Proverbe arabe







Par Jacques NOZICK - Publié dans : Textes, essais, nouvelles, citations, romans - Communauté : papierlibre
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Samedi 22 décembre 2007

Beaucoup de gens vivent dans l'indifférence de leur destin. Pourquoi penseraient-ils à la mort? Tant qu'on est vivant, c'est une perte de temps, et quand on est mort, que nous importe.
Je ne suis pas d'accord. Vivre avec la conscience de la mort permet de mieux goûter au bonheur de vivre. Enfin quand on est mort, c'est vrai que pour soi-même tout est terminé... mais pas pour ceux qui restent ! Je trouve donc plus élégant de leur faire parvenir par anticipation un message de réconfort... Tel est la seule ambition de ce petit clin d'oeil à ceux qui me sont chers.

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Testament, version courte


« Après avoir bien vécu, Jacques NOZICK est mort. Il est normal que la chance dont il a exagérément bénéficié toute sa vie vienne enfin lui faire défaut. Sans vouloir flétrir sa mémoire, rappelons qu’il fut athée, libre-penseur, volage, franc-maçon, capitalisme, et jouisseur. Avoir été un excellent contribuable reste son principal titre de gloire. Pour cela, il mérite notre reconnaissance et nos regrets les plus sincères. »

Testament, version longue

Merci mes amis de la patience dont vous avez fait preuve  et par avance de votre indulgence. Je ne voulais pas disparaître de la surface de notre jolie terre avant d’avoir mis moi-même un point final au dernier chapitre de mon existence. Pour éviter d’être pris au dépourvu, j’ai préféré écrire par avance cet ultime page, au  cas où je n’aurais pas le temps de flâner vers la fin. De cette manière, je suis sûr d’être prêt, bien avant l’heure pour le grand voyage, sachant d’avance que mourir, est aussi facile que de sauter en parachute : il suffit de ne pas avoir le choix.

La plupart des gens pensent qu’ils ont le temps, ou ils imaginent que s’ils occultent cet événement, il deviendra plus improbable. J’ai, pour ma part, toujours essayé de m’y préparer en considérant que c’est une étape inéluctable de la vie permettant aux vieillards fatigués de tirer leur révérence et à d’autres de quitter ce que certains appellent notre « vallée de larmes ».

Vous avez sans doute remarqué que, dans les nécrologies, on décrit toujours les morts comme des gens respectables et exemplaires. Sans doute est-ce pour ne pas ajouter à la peine de ceux qui leur survivent. Le sachant, j’ai pris la précaution d’établir moi-même ma propre nécrologie.

Je suis né en 1947, le 24 août, jour anniversaire du massacre de la saint Barthélemy (ça commençait mal…). Le midi, ma mère avait mangé un poulet entier juste avant que je me décide à naître. Huit jours plus tard, j’effectuais ma première promenade en barque sur le Loing, à la grande réprobation des pêcheurs dérangés par mes vagissements intempestifs (depuis je n’ai jamais pu aimer les pécheurs ni les chasseurs)

Mes premiers souvenirs d’être humain remontent à une époque où il y avait autour de moi des « grands » qui jouaient au sable. Etant trop petit, j’étais exclus de leurs jeux. Mon jeune âge, et donc mon innocence, me donna le curieux privilège d’avoir le droit de mettre les mains dans le décolleté assez bien pourvu de la dame qui nous gardait pendant les vacances. Je conserve de ces attouchements prolongés un souvenir charmant, et avoue que c’est la seule fois où je me suis laissé aller à un contact charnel avec une femme de gendarme.

Comme tout le monde, j’ai aussi vécu des drames. Le premier est d’avoir oublié un petit voilier en bois dans une chambre d’hôtel entre deux lits. Bien sûr je ne l’ai dit à personne et j’ai assumé seul mon chagrin. Étant pourvu d’une heureuse nature, j’ai oublié les autres déboires qui ont pu m’arriver par la suite, partant du principe optimiste qu’un problème qui a trouvé une solution, même douloureuse, n’est plus un problème : c’est juste un mauvais souvenir dont il ne faut pas s’encombrer la mémoire.

Ma scolarité fut assez moyenne, jusque dans les classes terminales. J’y rencontrais un jeune prof. de Français nommé Robert Jovy qui devint par la suite un ami fidèle et s’occupa de Damien et d’Anne. Pour lui être agréable, je m’appliquais à composer de belles rédactions qui me valurent d’excellentes notes, et l’occasion de me distinguer des autres élèves. Découvrir que j’avais quelques facilités pour organiser des idées et rédiger me donna une certaine confiance en moi.

Avec des hauts et des bas, la chance ne me quitta jamais. Même dans l’adversité, j’ai toujours trouvé les ressources et l’optimisme pour réagir. À chaque fois, j’ai pu monter dans le bon train qui passait. Je me suis en particulier trouvé, dans les années 80, au début du marché très porteur de l’informatique lorsqu’il devint nécessaire de concevoir des moyens pour câbler toutes ces machines nouvelles qu’étaient les micro-ordinateurs. Comme j’étais un astucieux bricoleur, et doté d’un certain culot, j’ai mis au point quelques petits produits qui me rapportèrent pas mal d’argent.

Beaucoup de gens m’ont aidé. Parmi ceux-ci, je dois rendre un chaleureux hommage à mon ami Alain Dinton, le fidèle parmi les fidèles, talentueux collègue, sans qui ma carrière n’aurait jamais été aussi fructueuse. En deux mots, ma vie professionnelle, malgré quelques expériences désagréables, fut celle d’un entrepreneur comblé.

J’ai commis peu de vilainies, non par vertu, mais surtout parce que l’occasion ne m’en a jamais été donnée. Je ne déplore m’être mal conduit qu’une seule fois, mais comme dit Napoléon : « il est des situations dont on ne peut sortir que par une faute ». D’une manière générale, j’ai toujours essayé de mériter l’estime de mes enfants et de mes proches.

Ma vie sentimentale fut peu mouvementée. Depuis ma première aventure avec la femme du gendarme (à la réflexion, il n’était peut-être pas gendarme, mais postier…) j’ai toujours éprouvé pour les femmes une grande tendresse doublée d’un respect souvent exagéré.

Ma vie a été calme et stable grâce à une femme et des enfants qui m’ont comblé et auxquels j’ai essayé d’apporter mon affection et un bonheur tranquille. Je dois rendre hommage à Colette qui a su être simultanément une mère attentive autant qu’une épouse accomplie. En retour, je crois avoir été un bon mari. J’ai très peu trompé ma femme, si peu que je garde plus de regrets que de remords. Je demandais parfois « Seigneur, soumets-moi à la tentation, afin que j’y succombe avec délice ! ». Hélas mes prières ne furent pas souvent exaucées, car il y a toujours eu, entre Dieu et moi quelques frictions.

Puisque nous en venons à parler de Dieu, sachez que cette question m’a toujours intéressée, sous son angle philosophique et parfois sous l’angle comique. Disons, pour faire court (Je commence à avoir pitié de ceux qui se sont laissé embarquer dans la version longue) disons donc que Dieu constitue à mes yeux, la plus astucieuse et malhonnête invention des humains dont la crédulité, en cette matière est attendrissante. On peut vraiment leur faire avaler n’importe quoi, et ils en redemandent ! Si une certaine ignorance était excusable jusqu’à l’invention de la science, de la médecine, de la philosophie, celle-ci devient aujourd’hui grotesque, désespérante et souvent criminelle lorsqu’il s’agit de fanatismes. Nous connaissons, en effet la place qu’occupe notre petite planète dans notre modeste système solaire, lui-même perdu parmi les étoiles des milliards de galaxies. Notre insignifiance cosmique devrait nous rendre définitivement plus modestes dans nos rapports avec Dieu.

Nous atteignons le ridicule le plus absolu lorsque se perd l’esprit critique et que la sacralisation de textes, prophéties, ou doctrines aveugle la raison.

Il y a tant de choses que nous ignorons, que nous devons rester modestes dans notre quête du savoir. Nous ne savons même pas pourquoi notre espèce est devenue capable de se poser des questions aussi insolubles que : « Pourquoi existons-nous ? Qu’est-ce qui régit le hasard ou les lois de la physique, etc. ».

Parmi les questions sans réponse qui font les délices des philosophes, l’une nous intéresse particulièrement, moi, parce que je suis mort, et vous, parce que vous mourrez aussi un de ces jours. Cette question est : qu’y a-t-il après la mort ? La position dans laquelle je me trouve présentement m’autorise à émettre une opinion. Je crois sincèrement qu’après, il n’y a pas du tout ce que la plupart des gens croient.  Notre sort est assez comparable à celui des lapins, des grenouilles ou de tout ce qui grouille de vie et se reproduit avec frénésie. Notre destin est de naître par hasard, d’acquérir une conscience perfectionnée du monde, de jouir le mieux possible, et de mourir sans qu’on sache quand. Entre temps, on fait ce que l’on peut pour grappiller de la connaissance, du pouvoir, de l’argent, des faveurs et du plaisir.

Nous sommes, de plus, largement dépendant d’un capital génétique et du hasard qui nous font devenir soit Alexandre le Grand, soit l’idiot du village, soit vous et moi. Après notre mort, cette surprenante et merveilleuse machine vivante qui constituait notre corps se désagrège, et les molécules et atomes qui cohabitaient s’égayent dans la nature. Ils iront par une infinité de combinaisons chimiques se transformer en roses ou en fumier. Nous ne sommes donc qu’un instant d’une grande aventure chimique universelle : ceci est expérimentalement vérifiable.

En ce qui me concerne, je souhaite que ma dépouille, une fois purifiée par une belle flambée, se répartisse de la manière suivante :
- Que l’eau qui me compose à 80 % se transforme en vapeur et que le vent l’emporte où il voudra.
- Que les cendres soient déposées au pied d’un rosier.
Reconnaissez que devenir une rose dans la fraîcheur d’un matin de printemps est une expérience que peu de gens ont la chance de connaître, du moins de leur vivant.

Quelques naïfs penseront que si notre corps retourne en poussière, on peut espérer qu’il restera quelque chose de notre esprit ou de ce qu’ils appellent « l’âme ». Hélas, c’est comme une machine électrique que l’on débranche : elle s’arrête et se déglingue. Rien ne permet donc de penser qu’il y ait autre chose, aussi désolant et angoissant que cela puisse paraître.

Si nous n’étions pas tant conditionnés par notre culture qui nous fait croire au bon dieu (dont l’improbabilité est désormais similaire à celle du père Noël), ceci nous semblerait évident. Je me suis moqué de l’esprit religieux par pure honnêteté. Je suis de ceux qui préfère dire « Je ne sais pas quand il ne sait pas, même si l’ignorance est anxiogène. Je refuse que l’on invente des mythes et que l’on me fasse prendre des vessies, fussent-elles symboliques pour des lanternes, fussent-elles magiques. Même sans le recours à un divin, au sujet duquel notre déficit informationnel est total, notre condition humaine est glorieuse,  ne serait-ce que parce que nous avons conscience de faire partie de cet univers surprenant, et parce que nous sommes, de part notre histoire cosmique, de la poussière d’étoile.

Cependant, pour ne pas faire de peine à ceux qui continuent de penser qu’il y a quelque chose après la mort, je promets de faire mon possible pour leur envoyer un message intelligible. Par exemple : si je frappe trois coups, cela voudra dire que je suis toujours là et si je n’en frappe qu’un c’est que je n’y suis plus. Je me propose aussi de venir leur chatouiller les pieds lorsqu’ils seront au lit. Si je ne me manifeste pas, qu’ils en tirent eux-mêmes les conclusions.

Dans cet ordre d’idée concernant l’immortalité, notre seule consolation véritable et bien réelle reste d’avoir constitué un maillon de la longue chaîne des milliards d’humains qui plonge ses racines dans la nuit des temps. Parce que nous avons été vivants, nous sommes immortels par nos gènes.

Si j’ai commencé à vous parler de la mort, c’est non seulement parce que ce sujet est ici à l’ordre du jour, mais aussi et surtout pour vous rappeler, bien que ce soit un lieu commun, que la vie est notre unique bien : « Vis comme si chaque jour était un cadeau inespéré » conseille Marc Aurèle. Malheureusement, la vie c’est comme la jeunesse ou la santé : on commence à en prendre pleinement conscience quand on la perd.

Nous devrions nous souvenir plus souvent que nos jours sont comptés afin de prendre quelques distances avec ce qui fait généralement fonctionner les hommes en société : la recherche de la puissance, le statut social, l’argent, la considération, les modes, la peur, etc. J’ai eu la chance de souvent pouvoir prendre ces distances et d’être pleinement heureux. C’est pourquoi aujourd’hui je mérite plus d’être envié… que pleuré. De notre merveilleuse et parfois désespérante humaine condition, j’ai eu le meilleur.

La seule occupation qui a toujours trouvé grâce à mes yeux en plus de la recherche de la connaissance est celle du plaisir, car c’est, pour soi-même et pour les autres notre seule raison sérieuse et gratifiante d’être ici-bas. Le plaisir peut déboucher sur un art de vivre (hédonisme) et de mourir (stoïcisme) tout à fait acceptable. Ma morale fut toujours éclairée par des préceptes simples comme : « Fais aux autres tout le bien que tu voudrais que l’on te fasse» , et par la compassion. Celle-ci fut d’ailleurs pour moi le sentiment naturel le plus élevé. Il semble que certaines personnes sont plus ou moins douées pour ce sentiment qui procède sans doute autant de prédispositions mentales que de l’éducation, et qui ont abouti à une constante recherche de dignité, véritable « aristocratie » de la personne humaine.

Toutes les collectivités que j’ai fréquenté : école publique, scoutisme, milieu professionnel, ou Franc Maçonnerie, m’ont incité à la curiosité. Toute ma vie j’ai butiné des connaissances de toutes sortes. En parfait autodidacte, je me suis enrichi intellectuellement autant que j’ai pu.

J’aimerais vous en dire beaucoup plus sur ma vision du monde. Malheureusement j’ai appris que l’expérience est intransmissible. On doit faire soi-même ses erreurs, acquérir petit à petit les mêmes connaissances que ceux qui nous ont précédé. La vie est un éternel recommencement. Chaque être humain doit tout apprendre, et quand il commence à savoir, c’est la fin du voyage.

Tout ceci est parfaitement normal et me fait souvenir d’une conversation que j’avais eu, alors que j’étais encore jeune avec un vieux Franc Maçon de près de 80 ans, merveilleux de culture et de gentillesse :
« Quel effet cela fait-il d’arriver à la fin de sa vie ?
- Tu sais, m’a-t-il répondu, la nature fait bien les choses, quand tu es dans la force de l’âge, tu travailles, tu es amoureux, tu fais une carrière… et puis tu vieillis petit à petit sans t’en apercevoir, et progressivement tu passes de la position d’acteur à celle de spectateur. Alors tu commences à regarder avec indulgence et amusement tout ce monde qui s’agite. Et puis un jour, la lumière s’éteint. Voilà, c’est tout. »
Je n’ai jamais oublié cette leçon de sérénité et de sagesse.

Chère compagne, chers enfants, chers proches amis, chères poussières d’étoiles, je souhaite que, si vous gardez de moi un quelconque souvenir, celui-ci soit toujours dépourvu de tristesse. Imaginez par exemple que je ne suis pas vraiment mort et que je vous ai fait une ultime blague. Si vous la trouvez de mauvais goût, ou si elle dénote un « manque de savoir vivre », je vous prie de me pardonner car la lumière s’est éteinte.

Enfin, cultivez cette jolie formule « Vivants, pense à tes amis comme s’ils allaient mourir, morts pense à eux comme s’ils étaient encore en vie »

Je vous embrasse tous,   

Jacques NOZICK


PS : Aspects pratiques :
En cas de fin difficile, je souhaite que soit évité tout acharnement thérapeutique. Membre de l’ADMD, je considère inutile toute prolongation, souffrance, agonie, et autres galères imposées à moi-même et à mon entourage. 

Si mon corps vaut encore quelque chose, comme je n’en aurai plus l’usage, j’en fais généreusement le don à la science, ou à ceux qui auraient besoin de pièces détachées.

Je veux bien quelques modestes fleurs, mais pas de tristesse, et surtout pas de larmes, de curé ou de simagrées. Lorsque je serai parti en fumée, un bon gueuleton joyeux à ma santé avec famille et amis me conviendrait mieux.
Par Jacques NOZICK - Publié dans : Réflexions sur la fin de vie - Communauté : papierlibre
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Samedi 22 décembre 2007

Approche philosophique de la fin de vie


Depuis les conséquences hasardeuses d’une copulation fructueuse dont nous sommes issus, nous sommes engagés dans un processus vital d’une infinie complexité. La seule certitude que nous en ayons est qu’il sera destiné à se terminer. Quand et comment, nous ne le savons pas plus que tout autre représentant des espèces vivantes qui grouillent sur notre planète.
Il y a cependant une énorme différence entre l’humain et les autres animaux de la création : nous avons une conscience plus ou moins aiguë de notre inéluctable disparition.
C’est cette conscience qui va faire que nous avons, bien avant l’homme de Cro-magnon ou celui de Neandertal, inventé d’innombrables stratégies (religion, mythes, rituels) pour essayer d’oublier notre destin tragique. Ce qui est parfaitement résumé dans la très haute pensée de Woody Allen : « Tant que l’homme sera mortel, il ne pourra pas être complètement à l’aise ».
En fait dès nos premiers vagissements, nous allons vers notre fin de vie, en essayant, entre temps de nous maintenir en état de marche. Nous sommes, en effet

L’individu :
Nous sommes biologiquement programmé pour rechercher la satisfaction permanente de ses besoins vitaux lui permettant de maintenir autonome et fonctionnelle sa structure vivante. Son fonctionnement est, de ce fait, régi par la recherche du plaisir résultant de la satisfaction de nos désirs. Il faut bien sûr entendre « plaisir » au sens le plus large, c’est-à-dire en incluant aussi l’espérance du plaisir, et plus encore l’évitement du déplaisir à venir. Cette quête de l’acte gratifiant est parfois complexe car soumise à des pulsions dont nous n’avons pas conscience : nous fonctionnons largement dans « l’ignorance des ressorts qui nous font agir » cf. Spinoza.
Ayons simplement conscience que si je suis, par exemple : utile à la collectivité, compatissant, ou avide de connaissances… c’est d’abord parce que j’y trouve une gratification affective, voire une obligation morale. Si je la respecte je suis satisfait, si je transgresse, je suis culpabilisé.

Ce mode de fonctionnement de l’individu correspond, dans les pays « civilisés » et non-totalitaires à des droits. L’individu peut, en effet choisir sa manière de vivre et de penser la plus gratifiante (citoyenne, professionnelle, sexuelle, intellectuelle, religieuse…), avec cependant les limites que lui impose la société.

La société :
Elle résulte d’une nécessité organisationnelle et elle fabrique des règles de dominance (sociales, financières, intellectuelles ou religieuses), ou de communication et d’échange. Elle est multiple, complexe, opaque, variable selon les époques et les lieux. Le dénominateur commun de ses diverses formes est l’humain… « Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition » Montaigne

Parmi ses nombreuses attributions, elle se doit de protéger ses membres par des règles, des rites collectifs de solidarité afin que ceux-ci puissent prétendre à un minimum de sécurité, de liberté et de bonheur.

Cependant un phénomène nouveau est apparu : l’allongement quasi généralisé de la durée de vie depuis le XX ème siècle. C’est un inestimable cadeau pour ceux qui se portent bien, c’est en revanche, une calamité pour ceux qui sont malades ou usés.  La médicalisation qui est un remarquable progrès technique peut, en fin de vie, avoir des effets pervers en prolongeant l’existence de personnes qui ne le souhaitent pas, et en faisant peser sur tout individu, la menace d’un « destin grabataire » comme le qualifie Michel Landa.

Nous focaliserons notre réflexion sur deux niveaux souvent antagonistes : celui de l’individu et celui de la société, afin de mettre en évidence, à la fois : les aspirations de l’un et les indissociables contraintes de l’autre.

La société prend en charge, en particulier, et pour autant que le permettent ses moyens économiques, et ses valeurs morales les malades et les vieillards. C’est ici qu’intervient la remarquable mission (pour ne pas dire le sacerdoce) des soignants, qui rencontrent cependant deux limites :
- La première est thérapeutique : il est évident qu’on ne sait pas tout soigner.
- La seconde limite est existentielle : tout meurt, même les étoiles (le soleil engloutira la terre dans 4 milliards d’années). La mort est, en effet, toujours au bout du chemin. Après une longue existence, elle devient normale. Là ou elle ne l’est pas, c’est lorsqu’elle concerne les jeunes ou les enfants frappés prématurément. Dans ce cas, la mort semble injuste, absurde, inacceptable… aucune consolation n’est capable de guérir l’amputation affective qu’elle provoque. Pourtant dit Sénèque : « Tout est mortel, et ce qui est mortel est régi par des lois incertaines. Tout ce qui peut arriver un jour peut arriver aujourd’hui même ». (à afficher partout…)

C’est précisément la fixation de ces deux limites, thérapeutique et existentielle, qui pose problème : car quand le curatif devient impossible, le rôle du soignant se limite au palliatif. Lorsque le compte à rebours s’enclenche, le soignant passe immanquablement de la position d’acteur à celle de « spectateur », car dans l’attente de la mort, le sort du malade lui échappe. Cependant les circonstances pour l’attendre et le délai pour le glissement inéluctable vers la mort, posent un dilemme :
- L’individu a-t-il le droit ou le pouvoir de choisir le délai et les circonstances, Pour « refermer lui-même la porte du temps », comme il l’a fait pour tous les autres actes de son existence ? La société ou certains de ses représentants (politiques, prêtres, médecins), qui s’arrogent le droit de parler en son nom peut-elle, imposer un délai et des circonstances, contre les désirs de « l’intéressé » ?

Nous avons la réponse si nous appliquons les deux principes fondamentaux de la morale, tant pour l’individu que pour la société qui sont :
- Ne fais pas aux autres le mal que tu ne voudrais pas que l’on te fasse (avec son corollaire hédoniste : fais aux autres tout le bien que tu voudrais qu’on te fasse).
- La liberté de chacun finit là ou celle de l’autre commence.

Par ailleurs, si l’on s’accorde sur le « respect de la vie », celui-ci n’est pas fondé sur les mêmes motifs.
- Pour l’athée, la vie constitue, pour lui et ses semblables, le bien le plus précieux, car nous ne vivons qu’une fois.
- Le motif du religieux s’appuie sur le dogme par lequel il faut respecter la vie supposée être un don divin, auquel l’homme ne pourrait attenter en vertu du commandement : « tu ne tueras point ».

Bien entendu, ces principes souffrent, l’un et l’autre, d’exceptions considérables :
- Le dogme précité est même jugé ambigu par des croyants très sincères considérant que lorsque la fin est irrémédiable, « Dieu s’est forcément déjà prononcé et qu’il ne devrait pas s’offusquer qu’on lui donne un petit coup de main, si c’est par charité et compassion ». De plus, si tuer avec une intention délictuelle est un crime, abréger une vie par pure compassion est un acte charitable et courageux qui peut prévaloir sur le dogme.
- L’histoire montre également que rien n’est moins précieux que la vie des autres… notre XX ème siècle : 2 guerres mondiales, Hitler, Staline ; Mao, Pol Pot … plus de 100 millions de morts par guerre et génocides laïcs. Mais les religieux de ne sont pas mieux lotis « Les religions parlent d’amour et font la guerre ».
- Dernier paradoxe : les croyants personnellement touchés par la mort sont autant, sinon plus affligés que les autres, ce qui peut paraître incohérent dans la mesure où le trépas résulte de la volonté de Dieu et qu’une vie future est promise.

En matière de fin de vie trois grandes options s’offrent à nous :
1- Soit la continuation d’actes thérapeutiques et palliatifs à la douleur, qui ont pour effet de prolonger le processus vital, fut-il végétatif ?
2- Soit la cessation totale de tous soins, sauf palliatifs ?
3- Soit la décision de pouvoir abréger délibérément la fin de vie de la manière et dans les délais voulus par le moribond, en fonction de règles et de protocoles précis ?

Celui qui souffre n’est plus un homme libre, surtout si la douleur est chronique et induit comme c’est généralement le cas, une dépression. Sa seule liberté, mais elle est primordiale, est de pouvoir choisir d’en finir.

Au bout du chemin, il arrive souvent un moment à partir duquel l’existence ne procure plus aucun plaisir, ni espoir de plaisir, ni même de moyen d’éviter les déplaisirs à venir. À partir de cet instant, l’individu concerné est le seul, d’un point de vue moral ou légal qui puisse juger si la vie vaut ou non la peine pour lui d’être vécue. « Lorsque la lampe n’a plus d’huile », elle peut s’éteindre.

C’est d’ailleurs ce qui a déjà été induit par les indéniables avancées de la loi Léonetti en 2005 (droit pour les malades en phase terminale ou souffrant d’une pathologie incurable de faire cesser tout traitement non désiré + nomination d’une personne de confiance). Cependant, bien des problèmes subsistent à propos de la troisième option qui peut avoir deux réponses : l’euthanasie ou le suicide.

Reste un débat que l’on peut résumer comme suit :
1- Le suicide violent, même « légal » (on peut le désapprouver, pas le sanctionner) reste d’une barbarie inacceptable. Souvent raté, le remède s’avère dramatiquement pire que le mal (prendre ex.). De plus, il abrège la vie de beaucoup de personnes qui auraient pu continuer à vivre si elles avaient eu l’espoir d’une autre délivrance possible. A contrario, l’euthanasie peut réduire les drames du suicide violent.
2- Enfin personne ne sait vraiment dire quand commence l’euthanasie et quand s’arrêtent des soins palliatifs efficaces. À un certain moment, ce n’est désormais qu’une question de dose.

Ce débat montre que l’usage, ou pour le moins le besoin, a déjà précédé le droit car l’euthanasie est pratiquée quotidiennement, en fraude, par de nombreux soignants compatissants. La loi devra obligatoirement être adaptée, non pas seulement pour dépénaliser l’euthanasie, mais surtout pour éviter les dérives, abus ou malversations possibles. Il montre aussi qu’il n’y a pas vraiment de frontières entre les 3 options de fin de vie. Un malade conscient peut, à la faveur de circonstances évolutives, passer d’une option à l’autre, et inversement. Par exemple : s’il a la conviction qu’il peut encore être soigné, il choisira courageusement la première option, puis prenant conscience de l’échec thérapeutique le concernant, il peut passer à la seconde. Enfin il peut envisager la dernière, l’euthanasie, comme un possible recours qui pourra lui apporter réconfort et sérénité, et lui permettre de moins redouter une mort qui finira probablement par venir d’elle-même. (Cf pilule dans le tiroir)

Alors pourquoi des positions si dogmatiques et catégoriques ? C’est parce que nous sommes des êtres orgueilleux, rêveurs et irrationnels, y compris et surtout lorsque nous cherchons à justifier notre irrationnel. Il est dans notre nature de passer de l’espérance à la croyance et d’ajouter foi au discours prometteur du chaman ou du prêtre. Personne n’y échappe,    à moins d’avoir accompli un double travail de connaissance et de sagesse …  

Cependant, même si on aboutissait une éthique nouvelle du respect de la vie, faite de tolérance et de compassion, on ne pourra jamais tout attendre de la société et de ses réglementations. La vie reste une aventure personnelle, et souvent solitaire.
Lorsqu’on arrive au bout du chemin, tout est déjà trop tard. C’est pourquoi, celui qui aspire au droit de vivre avec un minimum de sérénité et de dignité a le devoir d’anticiper son devenir, pour lui-même, mais aussi pour ses proches et pour la société. Ce devoir  est d’abord de mériter l’estime des autres, puis de prévoir au moins les conséquences de notre disparition, sachant que notre famille aura à supporter d’une part la pénible épreuve d’accompagner le mourant que nous serons et d’autre part, celle non moins douloureuse de devoir en faire le deuil.

Il s’agit d’anticiper, non seulement les formalités utiles (assurances, conventions obsèques, désignation d’une personne de confiance…) mais aussi, ce qui est plus élégant, de motiver nos directives anticipées qui peuvent être non seulement médicales, mais aussi sentimentales ou philosophiques. Cette précaution s’avèrera utile, pour les autres, mais aussi pour nous-mêmes, car prise longtemps à l’avance, elle nous oblige à se souvenir que la vie est brève et qu’il faut « profiter de chaque jour comme d’un cadeau inespéré ». Une réflexion sereine sur la fin de vie, constitue la plus sage thérapie contre l’angoisse de la mort à laquelle on finit même par s’accoutumer. « Philosopher, dit Montaigne, c’est apprendre à mourir ».

Même sans aller jusque-là, les possibilités de réflexion et d’expression sont nombreuses : depuis la simple note qu’on laisse, en passant par les discussions avec ses enfants ou ses proches, voire la rédaction d’un modeste testament philosophique. Enfin il y a un moyen nouveau et économique, mis à la portée de pour résumer toute une vie et transmettre à ceux que l’on aime, en quelques minutes, un message bienveillant et des images qui effaceront les affres des derniers instants, en laissant de soi une belle image. Ce moyen consiste à rassembler sous forme de DVD tous les documents (photos, films, textes…) qui nous restent pour jalonner notre histoire personnelle ou familiale. Le concours d’un prestataire nous permet de nous affranchir de toutes contraintes technique. La valeur ajoutée du multimédia, devenu incontournable pour les générations futures auxquelles on s’adresse, est de pouvoir intégrer aisément des commentaires, du sentiment et une émotion impossibles avec le simple texte. (cf. Pierre JOGUET). Prendre l’initiative d’un DVD personnel est le signe d’une exigence de lucidité sur notre fin de vie et surtout d’envie de dignité. Car : « la dignité, m’a dit Henri Caillavet, réside autant dans le regard que nous portons sur nous-même que dans celui des autres. »

L’orgueil et la naïveté des- l’humain, ce « primate parvenu » (Robert Merle), qui s’est cru à l’image de Dieu, deviennent ridicules avec ce que nous savons désormais de l’infiniment petit au cosmos. Notre seule gloire est de nous savoir finis. C’est aussi de constater qu’à chaque fois que la raison avance, les dogmes reculent et les mentalités progressent. C’est d’ailleurs notre chance, en Maçonnerie, cette société à la fois ouverte et fermée, de pouvoir contribuer à ces avancées humanistes dont l’objectif est de défendre les libertés fondamentales, dont celle vivre et de mourir dignement n’est pas la moindre.
Qu’elle aille vers le néant ou vers une vie future, l’ultime initiation que constitue la mort n’a de sens que si elle a été anticipée, elle ne saurait donc commencer à s’accomplir que longtemps à l’avance. Dans ce cas, ayant accompli notre humaine à l’instar de Sénèque, nous pourrons dire :

Comme il est beau de pouvoir achever sa vie avant de mourir et puis d’attendre sereinement le reste de ses jours, sans rien demander pour soi-même, tout à la possession d’un bonheur dont l’intensité ne doit rien à la durée.         

Jacques NOZICK







Par Jacques NOZICK - Publié dans : Réflexions sur la fin de vie - Communauté : papierlibre
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Lundi 17 décembre 2007

Certains seront déçus par ce blog qui comporte de sérieuses lacunes. Ils n’y trouveront rien sur mes dernières vacances à La Baule, mes exploits amoureux, ni aucune remarque passionnante sur les dessous de la politique ou la pêche aux moules.

Ce blog n’est qu’une sorte de carnet de notes que j’ai confectionné pour me bricoler une philosophie pratique, en prise directe avec : l’humour, le plaisir, ou pour ne pas mourir idiots… S’il y a des choses à récupérer, n’hésitez pas : les idées appartiennent à ceux qui s’en emparent.

Ce blog parle de la vie, en philosophe (ami de la sagesse).  Si vous aimez l’intellectualisme, les thèmes à la mode… ne vous attardez pas. Si, par contre, vous appréciez les réflexions originales, quelques-unes des contributions personnelles rassemblées ici pourront vous satisfaire. Certaines peuvent même vous aider, n’hésitez pas à vous les approprier pour votre usage personnel. Un texte comme « L'inévitable perte d'un être cher », par exemple, été utilisé par de nombreuses personnes…

Bien que l’expérience des autres soit quasiment intransmissible, et que seuls l’imaginaire et la raison nous permettent de tirer parti du passé pour mieux jouir du temps présent… puissent les quelques textes et images rassemblés ici contribuer à vos réflexions et à votre plaisir !

J'ai beaucoup d'autres textes, plusieurs romans, un fatras d'essais, et de notes. Je ne sais pas encore ce qui vaut la peine d'être  mis sur ce modeste blog, il y a déjà une telle abondance... pour l'instant je me borne à quelques échantillons,   juste pour voir. Si l'essai est concluant, je promets d'améliorer, de trier, de compléter tout ce que je me suis borné à entasser ici...

Merci de votre indulgente connivence.

Cordialement
Jacques Nozick









Par Jacques NOZICK - Publié dans : Philosophie pratique - Communauté : Apprendre et découvrir
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